Albin Michel

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Maxime Chattam

Que Ta Volonté soit Faite

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Que ta volonté soit faite
Maxime Chattam

Vous allez plonger dans l'atmosphère de mon roman...
Vous allez y jouer un rôle qui pourrait bien troubler votre conscience... et réveiller un instinct enfoui au plus profond de vous.

Grâce au son 3D de cette expérience, je vais pouvoir vous abandonner dans mon premier chapitre.
Là quelque part, au milieu des pages, vous contemplerez le mal.

Je n'ai qu'un seul conseil à vous donner...
Laissez aller votre imagination... aussi noire et lugubre soit-elle.

Maxime Chattam

Jon détestait la faiblesse. Rien au monde ne lui faisait piquer de telles colères que la moindre faille. Encaisser, surtout ne pas gémir, ne pas trembler, ne pas vaciller, sinon ce serait la pluie de coups. Oui, la haine de Jon pour les faibles tenait de la démence.
– Tu as besoin d’une bonne leçon, Riley.

La voix de son père ne trahissait aucun doute, aucune forme de clémence.
Le gosse se demanda ce qu’il avait bien pu faire pour mériter ça.
Était-ce l’école qui avait appelé pour se plaindre de son attitude ? Ou les parents de Ben pour raconter qu’il avait encore agressé leur fils ? C’était pourtant Ben qui le cherchait tout le temps, c’était lui qui...

Jon brandit la masse devant son fils.
– Il faut que tu comprennes, dit-il sentencieusement. Il faut que ça te rentre dans la tête. Et tu sais comment ton grand-père m’apprenait ?

Riley avait entendu cette histoire des centaines de fois. Ingmar, dont il portait le nom, était en réalité son arrière-grand-père, le père de Jon étant mort peu après leur arrivée sur le continent américain, en provenance de Suède.
– Avec une bonne leçon, résuma Jon. Mets-toi à genoux. Riley fut encore plus déconcerté. Ça, ce n’était pas dans les habitudes du paternel. Qu’avait-il inventé encore ?

– À genoux, je t’ai dit !

Riley obtempéra sans discuter et la main de son père lui attrapa le visage pour lui tourner la caboche. Il tira si fort que Riley dut pivoter d’un quart de tour pour ne pas se faire briser la nuque. Il sentait les larmes monter.

Ce n’était pas tant à cause de la douleur que de la peur. Son père l’effrayait. Il le terrorisait même. Surtout lorsqu’il revêtait le masque de la lune et parlait sur ce ton glaçant.

– Tu vas bien regarder et ne rien rater pour que ça te serve de leçon, gamin.

Jon se pencha et saisit Cooper pour lui poser la tête sur le tronc mort, et soudain Riley comprit. Tous ses muscles s’actionnèrent en même temps pour le faire se relever.

– Non ! aboya le garçon.

Le père balança l’extrémité coquée de ses godillots dans la poitrine de Riley. Le fils se renversa en suffoquant, émit un râle en cherchant à respirer, et porta ses mains à son sternum comme pour y trouver un moyen de réenclencher la machine. Sa bouche déformée était grande ouverte, la tête renversée dans les herbes. Un peu de boue s’enfonça dans son oreille.

Jon en profita pour tirer sur la longe de Cooper et fit plusieurs tours avec autour du tronc pour que le chien ait le moins de mou possible, et ainsi le coincer au plus près de l’arbre. Le chiot chercha à se défaire de cette étreinte avant de se résigner. Ses billes marron roulèrent de Jon à Riley.
Le fermier prit position, bien calé sur ses appuis, et attrapa le manche de sa masse enfoncée dans le sol meuble.

– Regarde bien, fiston, parce que je ne veux plus jamais que tu me désobéisses, tu entends ?

Jon arracha son instrument dans un bruit spongieux et il attendit que son fils ait recouvré ses esprits pour prendre tout son élan...

... et éclater la tête du chien.

Une nuée d’étourneaux s’envola sous le choc. Ainsi rassemblés en escadron serré, ils ressemblaient à un rideau se levant sur un sinistre spectacle dont le pire restait à venir.

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Découvrez l'extrait 2 : "L'éclosion d'un tueur"

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Que ta volonté soit faite
Maxime Chattam

La musique amplifie considérablement nos émotions.
Imaginez au cinéma une scène de suspens sans musique...
Maintenant, imaginez dans un livre une scène de suspens avec de la musique.

À présent, n'imaginez plus...

Écoutez...

– C’est pas trop long ici l’hiver ? demanda-t-il.
– Un peu.
– Tu fais quoi de tes journées quand tu n’es pas à l’école ?

Pour la première fois Jon se tourna vers le shérif. Il y avait quelque chose de dur en lui, pas seulement l’ombre qui encadrait ses billes noires, une profondeur dans l’intensité de ses prunelles qui lui donnait presque un regard d’adulte, un adulte rugueux.

Il était déjà grand pour ses quinze ans, tout sec, et ses cheveux fins un peu sales et trop longs lui retombaient sur les joues comme des griffes.

– J’attends, répondit-il froidement.
– Et ça consiste en quoi ? Comment tu t’occupes ?
– Je ne fais rien, c’est tout.
– Tu restes là, comme ça, les bras croisés, à fumer jusqu’au retour des beaux jours ?
– On peut dire ça.

C’était décidément un garçon étrange. Jarvis décida de passer à la vitesse supérieure.

– Tu aimes les animaux, Jon ?
– Pas vraiment.
– Tu n’as jamais voulu avoir un chien rien qu’à toi ?
– Non.
– Pourquoi ? Tous les garçons de ton âge en veulent un.
– Parce que je n’aime pas ça, c’est pas une bonne raison ?

– C’est ton droit. Tu les détestes ?
– Peut-être bien.
– C’est-à-dire ?
– Je me suis fait mordre une fois.
– Fort ?
– Pas mal, oui, j’ai boité pendant deux semaines au moins.
– C’était où ?
– Au mollet.
– Non, je veux dire, c’était où que ça t’est arrivé ?

– Du côté du vieux moulin.
– Par chez les Stewart ?
– Oui, ça doit être ça.
– Ils avaient un chien avant, tu le connaissais ? C’est lui qui t’a mordu ?
– Je ne sais pas.
– Et qu’est-ce que tu faisais chez les Stewart ?

– J’ai pas dit que c’était chez eux.
– Sur leur domaine, c’est pareil. Si le chien t’a mordu, tu devais pas être bien loin de leur ferme. Tu allais voir une des filles Stewart ?

– Non. Elles ne savent même pas qui je suis.
– Alors t’y faisais quoi ?
– Je sais plus. Je me promenais.
– Tu aimes arpenter les champs comme ça, seul ?
– Oui.
– Pour quoi faire ?
– Rien. Juste pour m’occuper les jambes.

Jon soutenait le regard du shérif avec une détermination que celui-ci avait rarement vue chez un adolescent.
Jarvis se sentait presque mal à l’aise. Pour ce qu’il s’en souvenait, le chien des Stewart était l’un des premiers à avoir disparu.

– Tu es retourné là-bas depuis ?
– Non, je ne crois pas.
– Tu ne crois pas ou tu en es sûr ?
– Je ne sais plus.
– Tu ne sais plus où tu te promènes ? À ton âge tu perds déjà la mémoire ?
– Je vais un peu partout, c’est dur de se souvenir exactement où.

Jarvis fit la moue et laissa échapper un long soupir avant d’admirer à nouveau le paysage qui courait à leurs pieds.

– Jon, dit-il plus durement, tu n’aurais pas été te venger auprès de ce chien par hasard ?
– Non.
Les prunelles cerclées de vert et entourées de veinules explosées par le temps glissèrent en direction du garçon et cette fois Jarvis durcit son propre regard pour soutenir l’intensité de ce que lui renvoyait Jon Petersen.

– Ne me mens pas, ordonna le shérif un ton plus bas, plus froid.
Jon le fixait en retour, sans bouger, figé dans son carcan d’arrogance et d’indifférence.

– Il y a un paquet de chiens et de chats qui ont disparu ces dernières semaines dans le secteur, tu n’y serais pas pour quelque chose ?

– Non.

Il avait répondu sans cligner des paupières, presque en faisant traîner le mot pour bien le marquer. Jarvis fut parcouru d’un frisson sans savoir si c’était le froid, l’agacement ou une forme d’angoisse face à ce qu’il devinait chez ce garçon terrifiant de détachement.

...

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Découvrez l'extrait 2 : "Dans la toile de Jon Petersen"

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Que ta volonté soit faite
Maxime Chattam

Dans cet extrait, vous allez entendre la musique qui m'a inspirée pour écrire cette scène particulièrement violente.

Elle m'a permis d'aiguiser la perversion de Jon Petersen dont vous allez être témoin dans quelques secondes...

Je dois toutefois vous prévenir, cette scène pourrait....

et bien disons qu'elle n'est pas pour les âmes sensibles...

Bonne lecture,
Bonne expérience.

Jon fit entrer Mapel dans la pièce principale de la ferme et tourna le verrou dès qu’elle eut posé le pied dans sa toile. Avec ses grands yeux apeurés, elle ressemblait à une sauterelle prise au piège d’une araignée colossale.

– Monsieur Petersen, vous m’avez demandé de l’aide pour retrouver votre chiot, dit-elle d’une voix tremblante, pourquoi nous sommes dans votre maison ? Je croyais qu’il s’était perdu dans le champ...

– Tu sais garder un secret, fillette ? Le nez de la rouquine se retroussa.

– Tu es une fille de confiance, pas vrai ? insista Jon.

Parce que tu sais ce qui arrive à ceux qui ne sont pas dignes de confiance, n’est-ce pas ? Ils vont en enfer. Direct. Eux et tous ceux qu’ils aiment. Ils grillent en hurlant sur les bûchers des perfides. Parce qu’un secret, c’est ce qu’il y a de plus important au monde. Et comme tu es une fille formidable, je vais t’en faire découvrir un, ici, juste pour toi et moi.

– Monsieur Petersen, je crois qu’il vaudrait mieux que je parte...

Il lui barrait la route et son regard était si noir et si profond qu’il engloutissait toute la pièce. Faire un pas dans sa direction revenait à se jeter dans le vide, aussi Mapel recula, lentement, jusqu’à se cogner au vieux poêle à bois.

Dans les histoires pour enfants que sa sœur aînée lui racontait le soir, lorsqu’elles se cachaient sous la couverture pour lire à la lueur d’une lampe électrique, les poêles servaient à cuire les petites filles dans son genre, quand les hommes dans le genre de Jon Petersen laissaient tomber leur masque affable pour dévoiler leur sourire carnassier fait de dents pourries et pointues comme des hameçons.

Mais Mapel sut aussitôt qu’elle n’était pas dans un conte, parce que Jon ne portait pas de masque. Ce visage monstrueux était le sien, chaque jour que Dieu faisait, et elle ne s’en était pas assez méfiée. Elle n’avait pas su écouter son instinct lorsqu’il l’avait abordée pour lui réclamer son aide avec insistance, et à présent il était sur le point de la dévorer.

Il allait se repaître de l’enfant en elle, pour ne laisser qu’une carcasse décharnée qu’on appelait « adulte », mais une adulte vidée de ses chimères et de ses enchantements.

Parce que c’était de cela qu’il se nourrissait, c’était l’authentique nature de Jon Petersen : un ogre d’enfants.

– Je vais t’offrir le plus merveilleux des secrets, dit-il d’une voix froide et sifflante, et nous le scellerons ensemble d’un présent pour que tu te rappelles à jamais ta promesse de ne rien dire. Mais avant cela, je vais t’embrocher, je vais te tatouer l’âme et la chair, tu vas m’appartenir pour toujours, parce que c’est le vice que je vais répandre en toi. Et tu seras à moi jusqu’à ton dernier souffle, avant que le diable ne réclame son dû.

Mapel aurait normalement ressenti la plus glaciale des étreintes en pareilles circonstances, la peur voyageant toujours avec des frissons givrés, pourtant elle se mit à transpirer.

Il faisait plus chaud en présence de Jon Petersen qu’aux portes mêmes de l’enfer, songea-t-elle tandis qu’il approchait.

Son ombre s’étirait derrière lui et grimpait le long du mur, allongeant ses membres, et lorsqu’il tendit les mains dans sa direction pour l’attraper, ses doigts ressemblaient à d’immenses griffes.

Mapel crut un instant que c’était la folie qui embrasait ses prunelles, mais quand il fut sur elle, elle comprit que c’était bien pire.

Ce qui flamboyait en Jon Petersen, c’était le Mal incarné.

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